Difficile de concilier deux plans : le vertical et le zénithal. C’est pourtant l’expérience à laquelle nous convie Christophe Horlain avec ses « Nébuleuses Cités ».
Comme souvent, c’est probablement une intention première qui aura pris son indépendance dans la main de l’artiste. Christophe Horlain nous montre ici sa vision d’un urbanisme le plus souvent angulaire tel qu’il s’impose à nous dans la réalité depuis des décennies. Mais c’est justement là que la transformation s’opère : sous les pipettes d’encres et les stylos de l’artiste, les espaces urbains prennent une coloration et une morphologie qui les transcendent. Un peu comme ces dessins dont on ne sait s’ils représentent une bosse ou un creux, quand l’esprit, échappant à toute discipline, perçoit tantôt l’un, tantôt l’autre. Les couleurs, ensuite. Vives, éclatantes, presque criardes parfois, qui nous déstabilisent, en nous montrant du vivant, du nerveux, dans la représentation de ce que notre imaginaire courant associe invariablement à une insupportable grisaille.
On pourrait presque dire, dans tout ce basculement, comme Yves Michaud parlant des fenêtre de Buraglio : « Elles sont à la fois plus vraies que nature et plus fausses que nature… »
Passé ce premier assaut, ce sont les détails auxquels on s’accroche ensuite. On est loin ici de la rigueur géométrique de Vasarely ou des paradigmes d’Albert Ayme, auxquels on pense pourtant. Les contours des Cités de Christophe Horlain sont incertains, parfois volontairement tremblotants. Veux t’il souligner la fragilité des tissus sociaux que sont ces Cités ?
Ou est-ce la conscience sous-jacente de leur peu de devenir ?

Christophe Horlain nous montre, d’une auréole d’encre ou d’un trait incertain, une magnifique contradiction : alors que les architectes ont tous pensé pour durer, ses Cités se pensent elles-mêmes déjà chancelantes.

On se trouve dans la sublimation de l’ensemble urbain.

Creux ? relief ? C’est curieux !
Encore des images qui nous imposent plutôt qu’on ne les maîtrise !
Christophe Horlain réussit décidément son pari.

 

It is difficult to reconcile two planes: the vertical and the horizontal. But this is the experience that Christophe Horlain invites us to join with his "Nébuleuses Cités".

As often, it is probably a first intention which will have taken its independence in the hand of the artist. Christophe Horlain shows us his vision of the often angular urban planning as it has been imposed on us for decades. But it is precisely the transformation that occurs: under the eyedroppers of inks and pens of the artist, the urban spaces take on hues and a morphology that transcend the medium.

As though we cannot say whether these drawings represent bumps or hollows, when the eye, beyond any discipline, sees sometimes one, sometimes the other.

The colors, then. Vivid, bright, almost garish, sometimes destabilizing us, showing life and energy in the representation of what our imagination associates almost invariably with an intolerable gloom.

One could almost say, in this fracture, as Yves Michaud spoke of the Buraglio windows: "They are both truer and more false than nature " Past this initial assault, it is the details which catch the eye. We are far from the geometrical rigour of Vasarely or the paradigms of Albert Ayme, although there is an echo.

The contours of Christophe Horlain’s Cities are uncertain, sometimes voluntarily shaky. Does he want to emphasize the fragility of the social structure of these cities? Or is it the underlying awareness of their fragile future? Christophe Horlain shows us in an halo of ink or an uncertain line, a beautiful contradiction: while architects build to last, their cities think of themselves built on unstable foundations.

 

We find ourselves in the sublimation of the urban whole.

 

Concave? Convex? It is curious! Images that impose their view rather than our control! Christophe Horlain undoubtedly succeeds in his challenge.